Ces informations proviennent d'anciens registres conservés aux Archives départementales du Loiret.
Merci à mon ami Michel qui a fait des études de paléographie pour m'avoir retranscrit ces documents.
Puiseaux grêle 17/06/1548
Ced(it) * jour environ sept heures au soir cheut ( =
chut) grant quantite de grosse gresle la
plus grosse que je vis jamais et fist domage aus bledz et aultres grins depuys
Grantgeymo(n)t jsuques a Bromeille et Y…(-) nville (Gironville ?) et peu aux Vignes tant aus Terres doulces que au Lart et
Monceaulx combien qu yl en cheut grosse co(mm)e oeux de pyions ou plu-gr sp(-) landet d (-) nz.
*date acte précédent : le dixseptyesme jour du
moys de juig an mil cinq cens quarente et huit
Inondation de Puiseaux – juillet 1698
Signé Chenault Le vendredy onziesme juillet 1698
apres midy sur le soir avons eu un orage si funeste et si grand q(u)e nous
croyons tous estre a la fin de nos iours, qui a duré 2 heures et demie du----s en sorte
q(u)e tout le bois de la voutte de l’église a esté percé d’eau et tous le
peuple obligez de la retire dans le cœur de l’eglise. Les champs et la campagne
toute couverte d eau de 3 ou 4 pieds d’eau et de gresle au tiers ou plus en
sorte q(u)e cet orage n a pas esté moins funseste q(u)e celui du III iuin passé
et VI may et q(u)e le peuple des habitans de Piseaux croient encore estre touts
perdus et abismez ainsy q(u)e...
Signé Chenault
I = j
Le dimanche suivant 13 juillet 1698 apres la messe
dite est encore survenu et arrivé un orage et foudre pareil de tonnerre et d
eau si grand et en telle abbondance q(u)e la mare ou po(u)r mieux parle le
marchais de ce chasteau ne pouvoit plus tenir d eau ny le po….. s en retourner che… et plus de 3 en 4 pieds d eau dans les campagnes
de sur les bleds, la tonnée est meme tombé sur le cloché de Piseaux sans y
faire beaucoup de mal mais q() si bien donné de l epouvante aux
peuple p(rese)ns et abs …. Dieu ….presens de semblable accidens n
en ayant jamais veu de ma … cogneu de semblable ny le peuple non plus
Signé Chenault
(tonnée ou le
tonnere ; veu = vu ; cogneu = cognu )
Est écrit en marge
Le mesme iour est mesme tombé le tonnere a ambouivillier ( ?) qui a bruslé 2 maisons ou il y 2 ch … 2 ;;; peut bruslé
tous le peuple estant a l eglise.
Textes anciens traduits par mon ami Michel, qui a
fait des études de graphologie. Merci de ton aide précieuse
Inondation à Puiseaux le 22 Brumaire an X
Récit d’un témoin
Les historiens de Puiseaux n’ont pas manqué
d’insister avec raison sur les terribles inondations qui ont désolé à plusieurs
reprise cette petite ville pourtant située loin de toute rivière : celle
de 1517, 1658, 1698, 1727, 1781 et 1785 ont été déjà décrites.(1)
En voici une du 22 brumaire an X (13 novembre 1801)
qui n’a encore jamais été mentionnée. Chose extraordinaire, le récit des
ravages causés par le fléau nous a été conservé dans un registre de
l’administration des Domaines. Il est de la main du « citoyen »
Moulin, alors receveur du Bureau de Puiseaux et témoin de cette inondation(2).
« Le 22 brumaire an 10, la rivière connue dans
la pais sous le nom de Rivière Sèche (3) a cru d’une manière effrayante ?
Le débordement qui en est résulté a occasionné des pertes très considérables.
Une partie des maisons de la ville qui avoisinent la rivière a été détruite de
fond en comble. Les habitans de ces maisons, surpris pendant leur sommeil,
n’ont du leur salut qu’au(x) prompts secours qu’on leur a apportés. La
philanthropie du maire de Puiseaux (4) se fit remarquer : il eut le
bonheur de sauver plusieurs personnes à l’aide d’une cuve à lessive. Deux
particuliers qyu voulurent se servir du même expédient furent victimes de leur
zèle ainsy que les malheureux qu’ils avaient recueillis. Le spectacle que
présentait la débacle était allarmant : on voyait passer à chaque instant
une armoire, des lits tous montés, des bestiaux à la nage, on remarqua même un
jeune enfant qui, semblable à Moyse, dormait tranquillement dans son berceau,
emporté par la crue subite des eaux. Le receveur, témoin de ces faits, en a
consigné le trop véritable récit3 ;
(Archives départementale du Loiret. Série Q,
registre n° 73 des actes civils du Bureau de Puiseaux (23 germinal an IX-23
pluviose an X). Cette note du receveur est inscrite à la fin du registre sur la
feuille de garde recto. Le titre exact du document est : « Régie
nationale du Loiret) : Registre des recettes des droits d’enregistrement
des actes passés devant notaire ou sous signature privée et de ceux reçus par
les secrétaires des corps municipaux et administratifs qui doivent être
enregistrés.).
(1) Voir
Dumesnil Notice historique sur l’église et la ville de Puiseaux (dans les
mémoires de la société archéologique de l’Orléanais, t I, 1851, page 75-144 et
notamment page 114-121), l’abbé Patron, Recherches historiques sur l’Orléanais,
t II. Orléans, 1871, page 408-409. Puiseaux, chef-lieu de canton,
arrondissement de Pithiviers.
(2) Les
registres de l’administration de l’Enregistrement antérieurs au 1er
janvier 1808 (le plus ancien date de 1693) ont été versés dans les Archives
départementales.
(3) La
Rivière-Sèche est en réalité un canal creusé dès 1699 pour empêcher le retour
des inondations
(4) Le
maire était alors Devilliers, qui, en 1808, fut remplacé par Dumesnil.
Crédit : Bulletin de la SAHO, tomme XVI, n°200